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Il doit y avoir une autre solution !
Par Norie Huddle (écrit oct. 2001)
Les médias n'ont de cesse de nous assaillir
d'images sur la crise Afghane et sur les attaques américaines,
nous incitant à assimiler les Américains aux actions de
leur gouvernement. Mais que peuvent-ils bien ressentir face à ce
conflit ? Y en a-t-il parmi eux qui cherchent une solution pacifique
à la situation actuelle?
Le texte ci-dessous est la traduction d'un dialogue
écrit à l'origine par Norie Huddle, présidente du
Centre de Recherche pour une Nouvelle Sécurité Nationale.
Elle nous y dépeint les interrogations d'un couple
américain des plus ordinaires, au sujet de la guerre ainsi que
sur la possibilité d'une réflexion globale pour amener la
Paix dans le monde. Et vous, qu'en pensez-vous?
"Tout cela est tellement frustrant!" s'exclama Susan.
En se tournant vers sa femme, John perçut
immédiatement sa nervosité: sa tension était
évidente jusque dans la crispation de ses machoires. Il
comprenait ce qu'elle ressentait. Lui aussi, depuis l'attaque du 11
septembre, se sentait submergé par une tension, une vague
anxiété... qui n'avaient fait qu'empirer depuis la
psychose de la maladie du charbon, la guerre en Afghanistan, et
maintenant le risque d'un conflit avec l'Irak... Tendrement, il lui
demanda : "Tu veux en discuter? "
"Mon chéri, je ne sais même pas si je peux
exprimer ce que je ressens..." Après un moment
d'hésitation; " Cela rend le tout encore plus frustrant. C'est
comme si je pénétrais en plein terrain vierge, sans y
être préparée, sans pouvoir me défaire d'un
sentiment de malaise. J'ai l'impression d'avoir perdu tous mes points
de repère dans la vie."
Alors qu'elle s'arrêtait un instant, John
ressentit une fois de plus un immense sentiment d'amour et d'estime
pour sa femme. Elle était toujours si honnête, si
perspicace. Peut-être arriverait-elle à l'éclairer
sur les causes de sa propre anxiété ?
Soudainement, un flot de paroles : "Si je me sens si
frustrée, c'est parce que je n'ai aucune idée de la
façon dont on pourrait résoudre la crise actuelle. Enfin,
je veux dire, ça a vraiment été un choc atroce
d'apprendre l'attaque sur les Tours Jumelles et le Pentagone - depuis
Pearl Harbor, personne ne nous avait attaqué, et cela remonte
à si loin maintenant... Evidemment, on ne peut pas laisser les
terroristes s'en tirer comme ça, il faut faire quelque chose.
Mais malgré tout, je n'arrive pas à me sentir à
l'aise quand je pense à nos contre-attaques sur l'Afghanistan.
Enfin, il y a quand même des millions de personnes là-bas
qui risquent de mourir de faim si on ne leur achemine pas de la
nourriture. Et puis ces bombardements, je ne comprends pas leur logique
: plus nous les bombardons, plus le risque augmente de tuer ou de
blesser des innocents. Ce n'est pas ça la justice! Ca ressemble
plus à une autre variante de terrorisme, tu ne trouves pas?"
En fait, cela rappelait à John la conversation
qu'il avait eue avec ses collègues deux jours auparavant : "Je
vois ce que tu veux dire. Joey et Paul ont fait la même remarque:
plus des innocents se feront tués, plus il y aura de nouveaux
terroristes. Ces gens-là ne pensent pas comme nous. Ils
s'imaginent qu'ils iront directement au Paradis si ils meurent pendant
une de leurs opérations suicide, ou je ne sais quoi. Moi, je
trouve que tout le monde y perd."
"Oui, il n'y a aucun doute là-dessus : TOUT le
monde y perd" dit Susan. "Mais il y a pire encore. A trop se concentrer
sur cette guerre, on oublie de faire attention à des choses
encore plus importantes. C'est comme si l'on visait la mauvaise cible.
La peur, la pauvreté, la faim, la maladie... l'ignorance...
voilà nos VRAIS ennemis! Ce sont eux qui engendrent le
terrorisme."
Pensive, elle ajouta : "En fait, notre plus grand
ennemi, ne serait ce pas la façon dont nous nous comportons, en
pensant que nous pouvons vivre comme bon nous semble n'importe
où, ici en coupant les arbres, et là en polluant les
rivières, les océans, le sol... A mon avis, nous ne
pouvons pas simplement continuer de consommer toujours plus de
ressources naturelles, n'est-ce pas?"
Et de nouveau les machoires crispées: "Je suis
sure que c'est une des causes de mon anxiété :
qu'adviendra-t-il donc de la Terre si nous continuons à agir de
la sorte ? Ca me fait peur rienque d'y penser!"
"Ca aussi," dit John, "cela me rappelle ce que disait
Paul : cette guerre contre le terrorisme nous fait perdre de vue les
problèmes essentiels, que nous devons absolument résoudre
, si nous ne voulons pas tous disparaitre. Il parlait alors
du problème de réchauffement de la Terre, de la couche
d'ozone... Mais comme tu le dis, tout cela est lié à
notre style de vie."
"Après un long soupir : "C'est comme si les gens
avaient d'abord été hypnotisés par la consommation
de masse, ensuite par les attentats terroristes, et puis maintenant par
la contre-attaque du gouvernement et des militaires contre ces
mêmes terroristes." En secouant la tête, "J'aime
l'Amérique comme tout le monde, mais aimer son pays, cela
implique aussi d'aimer la Terre entière. Pour être saine,
l'Amérique a également besoin d'une Terre saine. Il faut
faire attention à ne pas y voir qu'au bout de son nez, et rater
ce qu'il y a de plus important!"
"Je suis d'accord avec toi, nous sommes sur la
même longueur d'ondes. Nos dirigeants sont tellement pris par les
problèmes actuels, ballottés de crise en crise, qu'ils ne
prennent pas le recul nécessaire pour contempler la situation.
Mais, sans ce recul nécessaire, on n'arrivera JAMAIS à
trouver la bonne façon d'agir."
Susan s'arrêta de parler. Elle avait un air si
triste soudainement. "Mon père est mort pendant la
Deuxième Guerre Mondiale, et mon frère a
été blessé au Vietnam... John, j'ai vraiment peur
pour nos deux fils maintenant!"
Elle n'en pouvait visiblement plus et, tremblante, elle
luttait pour former ses mots : "Ce n'est tout simplement pas juste..."
On lisait la peur, la colère, l'angoisse et surtout une immense
tristesse sur son visage..."Et puis là-bas, en Afghanistan ou en
Irak, il y a certainement d'autres mères dont le fils va mourir,
d'autres jeunes épouses dont le mari va tomber au combat. Non!,
ce n'est pas juste. Il doit y avoir une autre solution!"
"Oh chérie," dit John en la prenant dans ses
bras, alors qu'elle commençait à sangloter, "je sais que
tu as raison. C'est comme si toutes les maisons du village
étaient en feu, et que les pompiers tentaient
désespérément d'étouffer les flammes, mais
que malgré tous leurs efforts, ils n'arrivaient jamais à
les éteindre complètement."
"Oui, c'est ça," lui répondit Susan,
s'essuyant les yeux sur sa manche, "nous devons prendre du recul, avoir
une vue d'ensemble, pour trouver ce qui provoque l'incendie au juste."
Après une minute de silence, "Tu sais, il y a cette idée
qui me trotte dans la tête : si nous sommes assez intelligents
pour envoyer quelqu'un sur la Lune, pourquoi ne sommes-nous pas
capables de créer un monde de Paix et de Justice pour tous, une
Terre où tout le monde pourrait cohabiter ?"
"Tu es sérieuse ? Enfin... tu sais... j'en
connais beaucoup qui balayeraient ce genre d'idées saugrenues
d'un simple revers de la main, en les traitant de folles utopies...
mais à dire vrai, chérie, je pense parfois à la
même chose. Une fois que nous nous y mettons pour de vrai, nous
autres êtres humains sommes capables de résoudre tant de
choses... J'ai l'impression que nous ne nous posons pas les bonnes
questions, c'est tout. C'est pour cela que l'on n'arrive pas à
résoudre nos problèmes clés." Il caressait
pensivement la chevelure de sa femme. Et il lui murmura presque "Si
seulement un nombre suffisant de personnes
réfléchissaient ensemble à ce problème,
nous pourrions peut-être le résoudre, non?"
Ils étaient là, dans les bras l'un de
l'autre, luttant contre ce sentiment d'impuissance. Comment
pourraient-ils bien y arriver ? Un projet d'une telle ampleur ? Comment
concentrer suffisamment d'individus sur cette tache, pour enfin
créer un monde équitable, où la paix serait
véritablement durable ? Ensemble, ils poussèrent un
soupir: Cela serait fantastique, si seulement, si seulement...
Une idée commençait à prendre
forme... "Chéri, et si..." Susan s'était
redressée, et elle regardait John droit dans les yeux, d'un
regard éclairé, comme à la vue de quelque chose de
merveilleux : "Et si nous faisions justement quelque chose maintenant.
Quelque chose de vraiment important, en demandant, ensemble, de l'aide.
Ne dit-on pas 'Demande et tu seras exaucé' ?"
Encore un peu hésitant, John lui répondit
"Oui, moi aussi, je ressens quelque chose. Comme un changement, quelque
part... mais je n'arrive pas encore à le formuler."
Susan, elle, s'enthousiasmait déja. "John,
à mon avis beaucoup de gens dans le monde pensent aux
mêmes problèmes et se posent les mêmes questions que
nous. On pourrait commencer par en parler à nos amis et leur
demander leur avis : Comment encourager les gens à penser
concrètement à la création d'un monde véritablement
pacifique ?"
"En voilà une idée intéressante !"
répondit John, gagné par l'énergie de son
épouse. "Je crois que tu tiens quelque chose là. C'est
vrai, en écoutant les commentaires à la radio, sur C-SPAN
et NPR, beaucoup de gens semblent dans l'attente de quelque chose de
nouveau." Un large sourire sur son visage, il fit soudainement
virevolter Susan dans ses bras : "J'en parle aux gars du boulot tout
à l'heure!".
"Génial!" répondit Susan en riant tandis
qu'il la reposait tendrement par terre. "Et dès que tu seras de
retour ce soir, on écrit un e-mail à nos proches, et
à tous nos amis. On pourra leur demander de le transmettre
à leur propres familles et amis, et ainsi de suite. Si
suffisamment de gens s'y mettent, peut-être arriverons-nous
à résoudre le problème!"
-- Comment peut-on encourager les gens de part le globe
à partager leurs idées pratiques pour créer un
monde pacifique et équitable ? Si vous voulez en savoir plus, ou
si vous avez une idée, contactez Susan et John sur www.bestgame.org.
Ensemble, nous pouvons accomplir ce que nul individu ne
peut réaliser seul !
Norie Huddle, Dec 2001
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